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Note de la rédactrice

rédactrice invitée Trudy Kelly Forsythe

Le numéro de cette semaine contient des mises à jour sur les semis du printemps, les ravageurs, les conditions météorologiques et d'autres questions touchant l'agriculture au Canada. Vos commentaires, vos questions et vos idées d'articles sont les bienvenus. Vous pouvez écrire à Allison à l'adresse allison@finnamore.ca.


1. L'ensemencement est en cours en Saskatchewan et en Alberta

Profitant des conditions chaudes et sèches, les producteurs ont semé de nombreuses cultures cette semaine.

Pour ce qui est des forts vents, qui ont souvent atteint une vélocité de 30 à 60 kilomètres à l'heure, les avis divergent. D'une part, ces vents ont été bénéfiques dans les parties de l'Est de la Saskatchewan où il subsiste un surplus d'humidité. D'autre part, le vent a retardé la lutte contre les mauvaises herbes.

« L'un des défis actuels est d'effectuer le brûlage pré-semis, indique Clint Jurke, spécialiste en agronomie au Conseil canadien du canola (CCC). Or, je pense qu'il sera effectué en grande partie après l'ensemencement. »

Selon Saskatchewan Agriculture, 22 % de la récolte provinciale était semée en date du mardi 15 mai, comparativement à une proportion de seulement 5 % la semaine dernière. La moyenne quinquennale pour cette période-ci de l'année est d'environ 18 %.

Voici l'état d'avancement de l'ensemencement par région : 42 % dans le
Sud-Ouest, 14 % dans le Sud-Est, 17 % dans le Centre-Ouest, 12 % dans le Centre-Est, 21 % dans le Nord-Est et 28 % dans le Nord-Ouest.

À l'échelle provinciale, l'humidité de la couche arable est considérée comme excessive dans une proportion de 13 %, comme adéquate dans une proportion de 85 % et comme insuffisante dans une proportion de 2 %.

« Certains producteurs signalent que la terre commence déjà à être assez sèche à une profondeur de deux centimètres », rapporte M. Jurke, qui étudie la partie ouest de la province.

Les précipitations prévues pendant la première partie de la longue fin de semaine de la fête de Victoria seront appréciées des producteurs qui ont semé.

Dans le Sud de l'Alberta, les cultivateurs qui ont effectué des semis précoces de canola ont vécu des moments d'angoisse en fin de semaine dernière, la température ayant descendu jusqu'à -8 °C à quelques endroits.

Le CCC indique qu'il faut de trois à quatre jours pour évaluer correctement les dommages de cette gelée.

« Si un ou deux plants par pied carré ont survécu, et si ce taux de survie est assez uniforme à l'échelle d'un champ, il vaut sans doute mieux ne pas y toucher », conseille M. Jurke.

Il peut être nécessaire de réensemencer, mais les dommages auraient été bien pires si la gelée était survenue une semaine plus tard.

« Un peuplement épars n'est pas idéal pour le rendement, mais un peuplement épars à la mi-mai peut offrir un meilleur potentiel de rendement et de qualité qu'un champ réensemencé, en particulier dans le Sud de l'Alberta. »

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2. Vidéo : Votre ferme est-elle protégée?

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3. L'adoption de pratiques environnementales devrait être rétribuée, selon KAP

Les gouvernements devraient utiliser des incitatifs financiers pour amener les agriculteurs à participer à des programmes de protection de l'environnement, estime le leader de la principale association agricole du Manitoba.

L'adoption de pratiques environnementales devrait être récompensée plutôt qu'être simplement imposée par des règlements, selon Doug Chorney, président de Keystone Agricultural Producers (KAP).

KAP reconnaît qu'à certaines occasions, les règlements sont nécessaires, dit M. Chorney. Toutefois, il a aussi déclaré lors d'une réunion récente du Comité permanent de l'environnement et du développement durable de la Chambre des communes que quelques fois, les règlements environnementaux, même s'ils partent d'une bonne intention, sont introduits sans recherches et consultations suffisantes.

« Il en résulte un environnement réglementaire qui entrave la croissance de l'industrie, entraîne des coûts accrus considérables pour les exploitations agricoles et n'atteint pas les objectifs de conservation », a-t-il plaidé dans son exposé.

Le comité mène actuellement une étude du plan de conservation national (PCN) annoncé dans le discours du Trône de l'année dernière. Le comité a sollicité des idées de la population sur ce que devrait contenir un PCN et sur les orientations qu'il devrait poursuivre.

Si l'on attend des agriculteurs qu'ils fournissent à la société des biens et des services pour la protection de l’environnement, dit M. Chorney, ils devraient être récompensés pour cela. « Un PCN doit garantir que l'élaboration des programmes connexes repose sur le principe selon lequel la société paie pour les avantages écologiques. »

Il donne l'exemple de l'initiative ALUS (Alternative Land Use Services, ou Services de diversification des modes d'occupation des sols). Ce programme créé par KAP paie les producteurs pour les bonnes pratiques environnementales qu’ils mettent en œuvre sur leur terre. Des projets pilotes dans le cadre de cette initiative ont été menés dans plusieurs provinces, dont le Manitoba.

ALUS est un bon exemple de mesure incitative pour encourager les producteurs à adopter des pratiques respectueuses de l'environnement dont profite l'ensemble de la société, dit-il. « S'il est mis en œuvre correctement et bénéficie d'un financement suffisant, ce programme est très efficace. »

En janvier, le comité a décidé par vote d'entreprendre l'étude, qui a commencé par des rencontres à Ottawa en mars et en avril. Il tiendra d'autres audiences publiques à Vancouver, à Calgary et à Halifax ce mois-ci pour écouter d'autres personnes qui participent aux efforts de conservation.

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4. Olymel examine la conjoncture du marché

L'entreprise montréalaise de transformation du porc et de la volaille Olymel L.P. examine la conjoncture du marché dans le secteur du bacon avant de décider si elle reconstruira son usine de bacon de Princeville, qui a été endommagée par un incendie le 6 mai.

La direction d'Olymel indique dans un communiqué que compte tenu de la taille de l'investissement que nécessiterait la reconstruction de l'usine de transformation de bacon de Princeville, elle doit d'abord procéder à une analyse approfondie des conditions du marché dans ce secteur.

Selon le président-directeur général d'Olymel, M. Réjean Nadeau, le marché du bacon est depuis peu l'objet de fortes pressions et d'une vive concurrence au Canada et sur les marchés étrangers.

« Les coûts de production moins élevés aux États-Unis conduisent les fabricants américains à livrer une féroce concurrence aux produits domestiques tant au Canada qu'au sud de la frontière, dit M. Nadeau dans le communiqué. La parité du dollar canadien avec la devise américaine a également un impact sur nos exportations. »

Olymel prévoit que son analyse lui permettra d'évaluer la possibilité de conjuguer la production de bacon qui était réalisée à Princeville à d'autres opérations.

« Nous devons aussi prendre en considération la possibilité de faire évoluer la vocation de l'établissement avant d'arrêter une décision définitive sur le sort de nos installations de Princeville, ajoute M. Nadeau. La situation exige un plan d'affaires solide à long terme et nous allons y investir tous les efforts nécessaires au cours des prochaines semaines. »

Si une partie des installations a été épargnée par les flammes, l'ampleur des dégâts est telle qu'une reprise des activités à court terme est impossible. On ignore encore la cause de l'incendie.

Olymel a annoncé que les 180 employés touchés par l'incendie qui a détruit l'usine de bacon seront relocalisés temporairement dans d'autres établissements de l'entreprise, notamment dans ses installations de Drummondville (usine de bacon), de Trois-Rivières (transformation), de Vallée-Jonction (abattage, découpe et désossage de porcs), de Sainte-Rosalie (découpe et transformation) et de Saint-Hyacinthe (désossage de fesses de porcs), et ce, sur une base volontaire.

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5. Les ours représentent une menace grandissante pour les agriculteurs de l'Ontario

On dit que l'ours noir se nourrit de tout ce qui lui tombe sous la dent, y compris des bestiaux et des humains.

Comme les distances raccourcissent entre les terres agricoles, les villes et les forêts, l'ours noir peut représenter une nuisance selon des organismes agricoles. La chasse printanière qui aidait à contrôler la population d'ours a été abolie il y a plus d'une décennie, et la Fédération de l'agriculture de l'Ontario (FAO) réclame maintenant son retour.

La FAO, conjointement avec l'Ontario Federation of Anglers and Hunters, demande le rétablissement de la chasse, après que le ministère des Ressources naturelles de la province a annoncé l'annulation d'un programme qui visait à piéger et à déplacer les ours posant un problème.

Ce service était jugé en grande partie inefficace — après avoir été déplacés, les ours revenaient souvent à l'endroit où ils avaient été piégés —, mais tout de même, son annulation élimine l'un des rares moyens de défense pour l'Ontario rural.

« La population d'ours sans cesse grandissante cause des dommages accrus aux cultures et met en danger la sécurité humaine, affirme Mark Wales, président de la FAO. Il est temps de ramener la chasse printanière à l'ours pour garder la population d'ours sous contrôle de façon responsable et efficace. »

D'après des chiffres de la FAO, la chasse printanière générait plus de 6 millions de dollars d'activité économique annuellement dans le Nord de l'Ontario. Maintenant, les ours affamés occasionnent des pertes de l'ordre de plusieurs millions de dollars dans les mêmes collectivités.

« La chasse printanière à l'ours offre des possibilités économiques aux collectivités nordiques dans le besoin, et elle répond à un besoin réel de prévenir les dommages, le danger et les dépenses pour les collectivités rurales et les familles d'agriculteurs de l'Ontario », fait valoir M. Wales.

La demande de cette année pour un retour de la chasse à l'ours réveille le fantôme d'un médecin de Cambrige tué par un ours noir il y a sept ans pendant qu'il faisait du camping dans le Nord de l'Ontario. À l'époque, deux associations (la Northwestern Ontario Sportsmen's Alliance et la Canadian Outdoor Heritage Alliance) avaient averti qu'en l'absence de la chasse printanière pour gérer la population d'ours noirs, ce genre d'incident arriverait de plus en plus souvent.

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6. Safeway éliminera ses stalles de gestation

L'un des plus grands détaillants alimentaires nord-américains prévoit cesser progressivement d'utiliser des stalles de gestation pour les truies gestantes dans sa chaîne d'approvisionnement du porc.

La société Safeway Inc. indique qu'elle éliminera les stalles de gestation dans ses installations de reproduction, devenant ainsi le premier détaillant d'épicerie en importance aux États-Unis à prendre cet engagement.

« Safeway a pour objectif d'avoir une chaîne d'approvisionnement sans stalles de gestation, déclare Brian Dowling, vice-président des affaires publiques. Dans cette optique, la société élabore des plans pour déterminer des moyens d'atteindre cet objectif. »

Safeway a fait cette annonce quelques jours après que Tim Hortons, la plus grande chaîne de restaurants cotée en bourse du Canada, a sommé ses producteurs et ses fournisseurs d'élaborer des plans et des échéanciers d'ici la fin de 2012 en vue d'éliminer progressivement les stalles de gestation.

Tim Hortons prévoit aussi éliminer graduellement les batteries de cages pour les poules pondeuses. La société espère acheter au moins 10 % de ses œufs de fermes qui utilisent des « systèmes de logement enrichis » d'ici la fin de 2013.

« Nous croyons qu'il existe des systèmes d'hébergement moins cruels et plus durables qui peuvent améliorer la qualité de vie des animaux », déclare Paul House, président-directeur général de la société.

Les deux annonces, très rapprochées, signalent une tendance croissante des détaillants alimentaires nord-américains à abandonner les systèmes d'hébergement actuels des porcs et des poules pondeuses.

D'autres chaînes de restauration rapide nord-américaines, dont McDonald's, Burger King et Wendy's, ont précédemment annoncé qu'elles prévoyaient également éliminer les stalles de gestation.

À l'heure actuelle, 97 % des poules pondeuses en Amérique du Nord logent dans des batteries de cages, et 70 % des truies de reproduction aux États-Unis sont hébergées dans des cages de gestation, d'après des estimations de l'industrie.

Des sociétés de protection des animaux et des défenseurs du bien-être des animaux préconisent depuis longtemps l'élimination de ce genre de systèmes de confinement.

L'industrie emboîte le pas. Les Aliments Maple Leaf éliminera progressivement les stalles de gestation des truies dans ses fermes porcines d'ici 2017. Smithfield Foods, le plus grand producteur de porcs aux États-Unis, a fait la même promesse.

Le Conseil manitobain du porc, qui représente les producteurs de porcs de la province, a annoncé l'année dernière qu'il prévoyait éliminer les stalles de logement des truies au cours des 15 prochaines années.

Le code de pratiques recommandées pour le soin et la manipulation des porcs au Canada fait actuellement l'objet d'un examen ayant pour objectif de mettre à jour les lignes directrices concernant le logement, la santé et la nutrition des porcs.

Cependant, si les gens veulent des systèmes plus soucieux du bien-être des animaux dans les fermes, ils devront contribuer à leur financement, note le Conseil canadien du porc (CCP).

« Si on décide d'apporter des changements importants, de nombreux intervenants devront nous aider à les mettre en œuvre; les producteurs ne devraient pas assumer seuls ce fardeau », plaide Jean-Guy Vincent, président du CCP.

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7. Un entomologiste signale la présence de charançons, de légionnaires et de vers-gris

Tom Cowan, entomologiste spécialiste des grandes cultures de la direction du développement de l'agriculture du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO), à Ridgetown, en Ontario, signale avoir détecté la présence de charançon postiche de la luzerne causant des dommages dans certains peuplements de luzerne.

« Étant donné que certains champs de luzerne sont touchés par des dommages causés par le gel, certains producteurs envisageront peut-être de retarder la première coupe pour favoriser l’augmentation des réserves nutritives au niveau du collet des plants », note M. Cowan dans une mise à jour du bulletin de mai de l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes de l’Ontario sur les ravageurs des cultures. « D'ordinaire, la coupe est une bonne méthode de lutte et est effectuée avant que les populations de charançons deviennent trop importantes.

Si le peuplement a besoin d'être maintenu plus longtemps, les producteurs devraient surveiller les populations de charançons pour déterminer si les seuils de traitement sont atteints avant la coupe, en particulier dans les champs où le charançon postiche de la luzerne a déjà causé des dommages. »

M. Cowan recommande aux producteurs d'envisager l'application d'insecticide si 40 % des feuilles sont dévorées à l'extrémité, s'ils dénombrent deux ou trois charançons actifs par tige et qu'il reste plus de sept à dix jours avant la date optimale de coupe.

« En présence de moins d'une larve par tige, aucune intervention n'est nécessaire, mais il faut continuer de surveiller la situation, écrit-il. En présence de deux larves par tige, il faut intervenir si la luzerne fait moins de 40 centimètres de hauteur. »

« En présence de plus de trois larves actives par tige, une intervention immédiate s'impose. »

Pour obtenir plus d'information, les producteurs peuvent consulter le site
http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/pub812/3weevil.htm.

M. Cowan signale qu'on a aussi attrapé des légionnaires uniponctuées en Illinois et en Pennsylvanie, ce qui indique qu'on devrait bientôt détecter des spécimens adultes en Ontario, s'ils ne sont pas déjà arrivés. Il recommande aux producteurs de commencer tôt à dépister ce parasite compte tenu des conditions particulièrement humides de ce printemps.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la légionnaire uniponctuée et sur les techniques de dépistage, les producteurs peuvent consulter le site
http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/pub811/13cereal.htm#legionnaire.

Enfin, M. Cowan recommande aux producteurs de commencer à effectuer le dépistage du vers-gris noir dès la levée de leur maïs.

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8. Analyse du marché - Coup d'œil sur les conditions météorologiques

La Niña est officiellement terminée. Tous les indicateurs principaux d'ENSO (El Niño-oscillation australe) sont actuellement neutres, d'après le Australian Bureau of Meteorology. Les modèles climatiques examinés par le bureau indiquent que l'océan Pacifique tropical continuera peut-être de se réchauffer au cours des six prochains mois, et certains modèles (pas tous) montrent que les températures approcheront ou dépasseront les seuils El Niño durant la deuxième moitié de cette année. Aucun modèle ne laisse actuellement entrevoir un retour à La Niña.

El Niño est un phénomène de réchauffement des eaux de surface dans les parties orientales et centrales de l'océan Pacifique, en particulier le long de la côte sud-américaine. Il peut causer des tempêtes dans l'océan Pacifique et faire diminuer le nombre de tempêtes dans l'Atlantique.

La semaine dernière, le Climate Prediction Center (CPC) des États-Unis a affirmé que l'épisode La Niña était terminé et qu'il est improbable qu'il se développe à nouveau cette année. Le CPC a aussi indiqué qu'au moins la moitié de ses modèles dynamiques annonçaient qu'El Niño – auquel sont associées des probabilités de pluie accrues pour l'Amérique centrale – risque de s'installer au cours de la saison de croissance 2012.

La météorologue Gail Martell de MartellCropProjections.com indique que les conditions arides dans les Prairies canadiennes se sont résorbées à mesure que La Niña s'est affaiblie. Les chutes de pluie récentes ont été environ deux fois plus abondantes que la normale dans le Centre de l'Alberta et de la Saskatchewan, mettant fin à la sécheresse et créant un « important surplus d'humidité ». Selon Mme Martell, les conditions d’humidité du sol sont plus élevées en Saskatchewan.

« Le changement soudain des conditions météorologiques - de sèches à humides - indique que la fin de La Niña en a peut-être été la responsable, indique Mme Martell. Un régime de tempête actif s'est développé dans l'Ouest canadien à partir d'un courant-jet soudainement fort qui a engendré des séries d'averses. »

Parallèlement, la tendance au réchauffement des eaux côtières le long du littoral pacifique de l'Amérique du Sud et de l'Amérique du Nord entraîne généralement un réchauffement atmosphérique sur la plus grande partie du Canada. Le réchauffement le plus marqué touche surtout le Manitoba et l'Ouest de l'Ontario, où l'on observe une anomalie de température atteignant jusqu'à +3 degrés Celsius (calculée sur la base de la moyenne des neuf derniers épisodes El Niño). Dans le Sud du Canada, les conditions sont aussi généralement plus sèches durant un épisode El Niño parce que l'humidité (la trajectoire de la tempête) se maintient encore plus au sud.

Si El Niño se développe plus tard cet été - ce qui est incertain à l'heure actuelle - étant donné son arrivée tardive et sa légère intensité, il ne devrait pas avoir une influence marquée sur le résultat de la récolte cette année.

Drew Lerner, météorologue de la société World Weather Inc., à Overland Park, au Kansas, indique que l'arrivée d'El Niño, le cas échéant, ne modifiera pas beaucoup ses prévisions actuelles.

« Si El Niño s'installe, il renforcera nos prévisions, et nous donnera des températures un peu plus douces cet été. Et il amènera probablement aussi des chutes de pluie, explique M. Lerner. Nous prévoyons beaucoup de pluie cet été, et ce, qu'El Niño soit là ou pas. »

M. Lerner prévoit qu'El Niño se développera plus tard pendant l'été. Cependant, il pourrait influencer les régimes climatiques plus tôt. « Si nous commençons à nous diriger vers un épisode El Niño, cela influence parfois les régimes climatiques même si la venue d'El Niño n'est pas officielle », explique-t-il.

Selon M. Lerner, les signes indiquent qu'il y aura un bon équilibre des conditions pluvieuses et ensoleillées et que le rendement des cultures devrait être moyen, voire supérieur à la moyenne. « Je pense que, pour l'essentiel, ce sera une bonne année de production, déclare M. Lerner. La plus grande préoccupation, à mon avis, est qu'une trop grande nébulosité et des températures fraîches entraînent une accumulation plus lente d'unités thermiques de croissance et, par conséquent, un développement végétatif plus lent. Donc, la maturation des cultures pourrait être un peu retardée. »

M. Lerner recommande aux cultivateurs de semer tôt pour s'assurer d'obtenir des rendements meilleurs que ceux de l'année dernière. « En 2011, les conditions ont été si humides que nos semis ont été peu abondants. Une grande partie de l'Est des Prairies n'a jamais été ensemencée, rappelle M. Lerner. De ce seul point de vue, donc, nous connaîtrons une bien meilleure année parce que nous allons ensemencer au moins deux tiers de cette superficie. »

Cependant, les prévisions ne sont pas réjouissantes pour tout le monde. Les champs de certains cultivateurs sont encore saturés d'eau à la suite des inondations de la saison dernière. Par conséquent, les producteurs de ces régions ne pourront peut-être pas effectuer leurs semis.

« Une portion du Sud-Est de la Saskatchewan et quelques autres régions aléatoires sont encore en proie à un surplus d'humidité. Le sol y est complètement saturé, donc l'eau ne peut s'infiltrer dans le sol et elle doit s'évaporer, mentionne M. Lerner. Dans ce contexte, si la fréquence des chutes de pluie demeure assez élevée dans ces régions, certaines de ces étendues seront encore trop humides pour être ensemencées cette année. »

Si El Niño se développe pleinement, dit M. Lerner, ce ne sera probablement pas avant que la saison de croissance soit terminée dans les Prairies canadiennes.

Mike Jubinville de Pro Farmer Canada offre de l'information sur les marchés des produits et les stratégies de marketing. Composez le 204-654-4290 ou
rendez-vous à l'adresse
 www.pfcanada.com (en anglais seulement) pour en savoir plus au sujet des services qu'il offre.

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